Le problème des créateurs.
- Guillaume Houssin

- 8 mai 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 mai 2025
Notre espèce est arrivée jusqu'à ce niveau de technologie car il avait ce besoin intrinsèque de créer. De laisser quelque chose sur Terre. D'utiliser les ressources disponibles pour façonner et esquisser un avenir, qu'il soit abominable ou somptueux.
Aujourd'hui, les créations débordent de toute part, notamment grâce au développement d'internet, dont l'essence même est de partager. On peut se balader des heures, tous les jours, sur les plateformes de son choix, et voir des millions de videos, d'illustrations ou de photographies.

C'est formidable me diras-t-on !
Sauf que non.
Aujourd'hui, un bon nombre de créateurs essayent tant bien que mal de rentrer dans des cases ou des niches qui font de l'audience. La conséquence sur les oeuvres ? Des copies de toute part, et peu d'innovation. Je suis rarement subjugué devant une oeuvre ou une vidéo que je regarde.
On ne recherche plus, on prend ce qui fonctionne.
Un exemple très concret, les Starter Pack, une tendance plus que douteuse..

Globalement, pour un type de contenu posté sur les réseaux, un style associé (colorimétrie, couleurs, ton, durée, accroches).
Doit-on en vouloir aux graphistes pour les miniatures toutes similaires ? Ou aux créateurs qui prennent un style qui fonctionne ? Je ne pense pas.
La création de contenu est devenu un marché et comme tout marché, il y a désormais des règles.
Je pose alors la question suivante.
Une création qui rentre dans un marché, est-elle bonne ?
Pour répondre, voici ce que dit Rainer Maria Rilk dans une de ces Lettres à un jeune poète :
"Une œuvre d’art est bonne quand elle est née d’une nécessité. C’est la nature de son origine qui en décide : il n’en est pas d’autre."
Une nécessité.
Ici, l'auteur ne parle pas d'un besoin financier ou matériel mais d'une nécessité intérieure, presque vitale.
Il parle d'oeuvres qui sont nées d'une contrainte, d'une nécessité intérieure. Une idée qui empêche de dormir. Un élan créatif pur.

Pas un caprice ou une ambition quelconque.
L'algorithme impose des standards et pousse à la création dans un objectif d'audience. Une vraie industrialisation du processus créatif. Je ne pense pas que ce soit la première raison qui ai poussé les gens à poster à leurs débuts.
L'avantage, oui il y en a un, est que cela met en concurrence beaucoup de créateurs. Et que seuls les plus créatifs et honnêtes avec eux-mêmes seront remarquables !
Commençons à nous détacher des autres pour proposer des choses uniques. Vous et le monde s'en portera mieux.
Cela m’amène à une question plus profonde.
Comment pouvons-nous renouer avec cette nécessité intérieure ?



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